01 Mar Dans les phares du réel #98
Dans les phares du réel
≡ Mars 2025 ≡
J’ai coutume d’ouvrir ou de clore mes newsletters par quelques considérations sur l’air du temps pour encadrer le menu de mes frêles îlots à partager mais le temps s’est couvert et il est impossible de faire comme si de rien n’était.
Si toutefois vous voulez aller directement aux nouvelles, enjambez ce laïus jusqu’au dernier paragraphe.
Que dire ? Que faire face à la bouffée délirante techno-capitaliste qui déferle sur la planète ? En un éclair, le poison muskotrumpien, en germe depuis longtemps, déploie sa folie furieuse avec les dégâts que l’on sait sur l’écologie, l’aide humanitaire, la recherche scientifique, la géopolitique et sur chaque strate du monde, en ouvrant les vannes à tous les obscurantismes et à l’extrême-droite qui gangrène l’Europe. La liste des fléaux qui accompagne ce funeste équipage est sans fin.
Face à cette insanité effarante, on ne peut se sentir que désemparé. Et il va falloir être vaillant et inventif pour ne pas rester paralysé par la sidération, pour ne pas stagner dans l’indignation ou dans l’apitoiement.
Face à l’hydre ubuesque, la force opposée de celles et ceux qui luttent, qui pensent, qui imaginent, qui ne se résignent pas, est plus précieuse que jamais. Aux États-Unis, au Canada, en Amérique du Sud, en Europe et ailleurs, beaucoup prennent la parole. Écoutons-les, lisons-les, faisons bloc, partout, de tout ce que nous sommes, soyons actifs à nos endroits, préservons ce que l’on peut préserver : notre humanité, unie et diverse, faisons-en un feu contre l’idiocratie ultra-libérale, fasciste, oligarchique et impérialiste qui ne pourra que finir aspirée par son vide abyssal.
Je sais qu’ici et dans nos lieux, on ne prêche que des convaincus, que l’essentiel se joue sur les terrains abandonnés, à l’endroit de l’éducation, du soin aux plus fragiles, des services publics et partout là où peuvent encore s’allumer les étincelles d’une conscience politique. Car il s’agit d’une bataille idéologique et elle doit se tenir dans chaque interstice.
Voilà ce que je voulais partager avec vous aujourd’hui. Juste dire : nous sommes ici.
Dans des havres encore préservés, je vous glisse que nous serons en concert avec NO&RD le 26 à Nantes au Pannonica et le 27 à Rennes au Bistro de la Cité.
Le 22 au Festival Hors Limite à St Ouen nous traverserons Melusine reloaded de Laure Gauthier.
L’Hôtel du Libre-Échange de Feydeau par Stanislas Nordey pour lequel j’ai composé un mambo endiablé sera du 11 au 14 à la MC2 de Grenoble.
J’aime de Nane Beauregard par Laure Werckmann sera à Nantes le 26 (le même soir que NO&RD, flûte alors !).
Notre installation Core avec Adrien M & Claire B sera à partir du 6 mars jusqu’au 13 juillet au Musée d’Art Contemporain de Lyon.
Je vous rappelle d’ailleurs que l’album Cores ainsi que les explosifs albums de NO&RD et de GLOYW sont en mars sur les plateformes mais surtout commandables ici.
Enfin, je vous laisse avec une petite fable sonique de Gloyw : My father was a tree pour laquelle je nous ai cuisiné un clip bien lo-fi(a).
Que faire ? Peut-être essayer de mettre toujours plus de sens, de poids et de légèreté, dans notre travail, dans nos arts, dans nos actes et nos paroles. Accrochons-nous. Et si ça tangue, dansons. Sans jamais perdre la joie.
Olivier Mellano

