GLOYW (John Greaves – Olivier Mellano – Régïs Boulard)

GLOYW – My father was a tree (2025)

Sortie de l’album My Father Was A Tree

►  Disponible sur la boutique Ulysse

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Dark Companion / Soond

GLOYW

GLOYW : John Greaves - Olivier Mellano - Régïs Boulard
John Greaves (basse et voix) - Régïs Boulard (batterie) - Olivier Mellano (guitare)
Olivier Mellano, John Greaves et Régïs Boulard travaillent régulièrement ensemble depuis plus d’une dizaine d’années. 
Il leur a semblé évident de fusionner aujourd’hui leurs énergies pour engendrer GLOYW, une aventure où les trois amis font de leurs chemins un carrefour, d’où partira une nouvelle route, une route vaste et cabossée qu’ils arpentent avec la gourmandise qui leur permet d’aimer tout aussi follement l’inconnu que les partis-pris. Un endroit où l’idée même de confiance en soi paraît absurde car seule compte la confiance offerte par les deux autres. C’est ce qui permet de porter la rigueur des mots, de lâcher l’énergie rock la plus débridée, sans crainte ni respect déplacé. De dévaler les côtes à fond, de nager avec les méduses, de méduser les monstres et de rire des tragédies. L’immaturité intransigeante est ici le point de départ, le chemin et la destination.

MY FATHER WAS A TREE – GLOYW

L’album s’ouvre crescendo avec le diptyque A Word – The Passing Strange, comme un faux calme avant une vraie tempête. La voix profonde de John Greaves pose un décor pas vraiment apaisé, chargé d’une promesse d’orage que les instruments affûtent au lointain. Et quand, sur un texte de John Masefield, les chevaux sont lâchés pour une première cavalcade sonique, Gloyw se métamorphose en power trio implacable.

Nous atterrissons ensuite sur Un Bout de mon Coeur, une vénéneuse et poignante chanson d’amour où la langue française se love dans un lancinant shoegaze.

Puis nous décrochons les wagons et comprenons avec Kew Rhone is Real ce que signifie free rock, un jaillissement furieux et électrique, une transe bancale et hypnotique, un chaos jouissif comme une réplique tellurique à l’album mythique Kew.Rhone que John Greaves électrisait déjà 50 ans plus tôt aux côtés de Lisa Herman qui signe ce texte.

Comme son nom l’indique, The Sky is Blue est un bain dans l’azur, limpide et lumineux, en apesanteur.

Si un single pouvait être plein d’échardes, My Father Was a Tree en serait un. Nous avons là l’essence de Gloyw, un souffle puissant, débridé et lyrique à la fois, sur une fable de Peter Blegvad.

Nous montons ensuite d’un cran dans le chaos et entrons dans le dur avec Englyn I’r Gal, une ode galloise et médiévale au pénis qui en prend pour son grade. Où l’asymétrie musicale devient une nouvelle règle, qui manque de s’écrouler à chaque mesure et qui tient bon.

C’est une batterie martiale et ambiguë qui ouvre Les Dernières Paroles du Poète de René Daumal, un texte rare et précieux pour nos temps troublés. Sa conclusion à l’ironie féroce nous interroge toutes et tous.

Peut-on faire encore du blues au XXIème siècle ? John’s Blues est la réponse tonitruante de Gloyw.

Également politique, l’avant-dernière salve est une version brute et tribale de Working Class Hero de John Lennon. Un hommage de Gloyw à ce texte encore tellement d’actualité.

The Drunken Boat (texte de Rimbaud traduit par Beckett) clôt l’album, une longue plage envoûtante de calme intranquille après la tempête qui s’épanouit dans un crépuscule flamboyant avant de s’étioler dans un dernier combat contre le silence.

GLOYW : Olivier Mellano - John Greaves - Régïs Boulard

Dates de concert GLOYW

  • 18 avril 2026 : GLOYW + NO&RD (J. Greaves + R. Boulard + O. Mellano) | Les Lilas (93) Le Triton
  • 12 juillet 2025: GLOYW | Payzac (24) Festival transfigurations
  • 7 juin 2025 : NO&RD / GLOYW | Trédrez-Locquémeau (22) Café Théodore
  • 6 juin 2025 : GLOYW + NO&RD + guests | Rennes (35) Les Ateliers du Vent 
  • 14 janvier 2025 : GLOYW + NO&RD Double release party avec Eve Risser, Nancy Huston, Benoît Burello aka Bed, Hakim Hamadouche, Mirabelle Gilis, Didier Malherbe | Paris (18e) Le Hasard Ludique

John Greaves

John Greaves (en concert au Triton)C’est au début des années 70 à l’Université de Cambridge où il étudie la littérature que John Greaves rencontre Fred Frith et Chris Cutler et qu’il rejoint en tant que bassiste le groupe mythique Henry Cow. Il est une figure emblématique de la scène de Canterbury et joue en 1975 avec National Health, puis avec Mike Oldfield pour son fameux Tubular Bells.

En 1976, il sort l’album Kew Rhône en collaboration avec Peter Blegvad et Lisa Herman, enregistré par Carla Bley et Mike Mantler à New York. Cet album-phare au destin peu banal deviendra rapidement un jalon majeur de ce que la musique, la poésie et une certaine idée de l’exigence peuvent offrir de meilleur. Kew Rhône reste une référence pour beaucoup de musiciens, y compris dans les jeunes générations. Son essence forge la colonne vertébrale de John Greaves : une musique incorruptible, parfois complexe et pourtant directement accessible, la force des mots, les siens ou ceux des autres, et l’esprit ludique, toujours.

En 1983, il s’installe à Paris où il vit toujours. Également pianiste et chanteur, il y enregistre un grand nombre d’albums, chacun unique en son genre et tous dans un style différent, incluant une trilogie autour de Paul Verlaine (interprétée entre autre par Jeanne Added et Thomas de Pourquery) ou Songs avec la participation de son vieil ami Robert Wyatt et The Trouble with Happiness avec Vincent Courtois et Sophia Domancich. Son dernier album de compositions autour de la poésie de Guillaume Apollinaire Zones est disponible sur le label Signature de France Musique.

Prog Magazine le considère comme l’une des figures les plus respectées de l’Art Rock.

« Une œuvre à mi- chemin entre improvisation et invention, faite de sons incroyablement nouveaux et d’idées avant-gardistes, parfois révolutionnaires.

 

Vous ne trouverez rien de pareil ailleurs.

 

Ceux qui pensent avoir pleinement assimilé le concept de la musique blues devraient s’arrêter un instant pour écouter cette évolution de son principe intrinsèque.»

CHRONIQUE ANDREA PINTELLI

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Régïs Boulard

Régis Boulard (photo Dimitri Rouchon-Borie) » Régïs Boulard fait partie du club très fermé de ceux qu’on reconnaît même à l’aveugle, au premier coup de baguette sur le tambour. Une manière de tendre les peaux, une manière de résonner, des effets de masse, des subtilités infinitésimales, une conscience apache toujours à l’affût… »

Ce portrait brossé par Arnaud Le Gouëfflec explique peut-être pourquoi nous retrouvons ce batteur de rock nourri au jazz aux côtés d’artistes ayant comme unique point commun un caractère bien trempé. Et quand il ne cuisine pas sa propre musique, ses projets en duo, trio ou plus montrent tous cette même recherche d’une identité propre, forgeant des univers parfois étranges mais toujours accueillants. On peut l’entendre sur une cinquantaine d’albums, dont huit pour le prestigieux label Signature de Radio France. NO&RD, GLOYW, John Greaves & Friends (A. Barbazza, M. Collins, J. Jakszyk, A. Whitehead…), Trunks, Chien Vert, Ground under Ground, Arnaud Le Gouëfflec, Streamer, Sons of the Desert, Mona Kazu…

Olivier Mellano

Remue.net : entretien avec Olivier Mellano (photo Richard Dumas)Compositeur, auteur, improvisateur et guitariste, Olivier Mellano oscille entre projets soniques pop-rock et musique savante. Il collabore entre autres avec Brendan Perry, Jambinaï ou Dälek et investit régulièrement les champs du cinéma, du théâtre, de la danse, de la poésie et de la littérature.
Il propose une œuvre composite, généreuse et exigeante, irradiée par un faisceau d’héritages.
Il développe, au fil de ses compositions, une esthétique musicale singulière qui dissout les hiérarchies stylistiques, sculptant la matière sonore la plus volcanique ou la plus éthérée, mettant l’harmonie baroque à l’épreuve d’un feu sonique, investissant d’une énergie nouvelle l’ensemble symphonique ou de chambre, hybridant les guitares électriques et les voix classiques avec, toujours, une dimension lumineuse et sacrée pulsant au cœur d’une écriture maximaliste, libre et savante.
Sa démarche qui évolue de la pop la plus ambitieuse à la musique contemporaine la plus décomplexée rejoint ainsi celle d’une nouvelle génération de compositeurs.